Texte
Dans une économie à dominante rurale et agricole, il est clair que l’origine principale des crises se situe normalement dans l’agriculture, et la France des années 1784-1789 ne fait pas exception. La crise est d’abord une crise des subsistances, à la suite d’une série de récoltes céréalières gravement déficitaires.
A partir de là, on peut suivre le cheminement de la crise, sa propagation à travers toute une série de mécanismes amplificateurs. Le pain, qui représente déjà la moitié des dépenses populaires en temps ordinaire, absorbe selon les calculs de Labrousse près de 90 % du budget des travailleurs en 1789. Du même coup, la demande d’articles manufacturés s’effondre et la crise se transmet directement à la production textile, principale industrie de main-d’oeuvre. La superposition de la courbe du prix du blé et de la courbe de l’activité textile met en évidence de façon très frappante la liaison étroite qui existe entre ces deux variables : toute hausse du prix du blé provoque, à court terme, une baisse de la production textile. A Rouen, le nombre de faillites déclarées est multiplié par 3 entre 1785 et 1788, et la ville compte 4 000 mendiants. Pour les ouvriers urbains, la crise signifie une conjonction dramatique entre la montée du prix du pain, la baisse des salaires (réduits de 20 à 50 % dans les principaux centres textiles) ; et le chômage, impossible à évaluer mais certainement massif.
J.C. Asselain : Histoire économique de la France
Question 1 : faites un schéma causal sous Excel représentant l’enchaînement des causes et des effets, tels qu’une mauvaise récolte dans les campagnes provoque un chômage massif dans les villes.
Variables : mauvaise récolte - Δ- salaires des ouvriers - Δ+ demande de blé - Δ- demande de produits manufacturés - Δ+ chômage des ouvriers - Δ+ coef. budgétaire du pain - Δ- offre de blé - Δ- production manufacturière - Δ+ prix du blé - Δ+ pauvreté
Question 2 : Commentez en moins de 20 lignes, en expliquant chaque flèche.